Les Mémoires d’Aurélie

2008 décembre 16
by bubbly2

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 Après des semaines de réécriture, de peaufinage, de remise en page, de vérification des sources et de pas mal de coups de téléphones, voici enfin “Les Mémoires d’Aurélie” publiées.   Les éditeurs et éditrices de livres ont désormais mon respect inconditionnel. Je sais désormais le travail que représente l’édition d’un livre. Mais ne vous méprenez pas: l’expérience est gratifiante. 

Tout à commencer par un devoir de classe, ” Demandez à vos grand parents ce qu’était leur vie à votre âge.” Ma fille Clara s’enquérit auprès de sa grand mère paternelle, Aurélie, qui lui raconta les affres de la guerre quand elle avait neuf ans, pendant l’occupation allemande en Alsace.  Beaucoup, j’imagine, ont grandi comme moi, avec ces histoires de guerre, racontées lors des longs repas de familles, le dimanche.  Petite, cela me lassait, surtout quand c’étaient les mêmes histoires qui revenaient sur le tapis. Mais avec le temps, et avec l’âge, on s’intéresse de nouveau à ces histoires familiales. 
Touchée par les anecdotes que Clara rassembla, je suggérai à ma belle maman d’écrire ses mémoires. Oh surprise, quelques mois passèrent et je reçus un manuscrit de 70 pages de lignes bien serrées. Aurélie, pendant l’hiver, avait mis sur papier tous les souvenirs de son enfance, certains connus de toute la famille, d’autres enfouis dans la conscience collective de ceux et celles qui ont vécu des moments douloureux.
Ecrit sous forme de petites scénettes, parfois tristes, parfois drôles, le livre décrit cinq années de vie à Osenbach, un petit village au sud-ouest de Colmar.  Presque tous les hommes, jeunes et vieux, étaient partis à la guerre, de gré ou de force. Les femmes durent faire face à l’occupant. Et c’est là peut être toute la force de ce récit autobiographique, que de faire revivre ces années d’occupation à travers le regard d’une petite fille et la vie d’une famille de onze enfants.  Les rares moments de bonheur et de petits plaisirs, mais aussi le manque de vivres et d’hygiène, les doryphores dans les champs de pommes de terre, les enseignants allemands qui succédèrent aux religieuses, les premiers prisonniers américains qui arrivèrent dans le village, les dénonciations et l’occupation de la cuisine par les état-major allemands successifs. 
De son propre aveu, Aurélie a su trouver une part de bonheur dans toutes ces péripéties et soixante dix ans après, son histoire racontée au fil d’une centaine de pages suscite encore beaucoup d’émotion.
Les Mémoires d’Aurélie sont disponibles sur www.lulu.com sous le numéro 2572549. Bonne lecture! 
 

 

 

 

 

 

 

 

Une réponse leave one →
  1. 2009 octobre 30

    J’ai lu ce témoignage poignant avec beaucoup d’intérêt, connaissant un peu cette belle région d’Alsace (pour y avoir passé, adolescent, mes vacances d’été plusieurs années de suite), et intéressé par cette période noire de notre histoire. Restitué, le regard de l’enfant est touchant mais aussi très près des faits bruts. J’ai été particulièrement sensible au portrait de la Mère (mère de la narratrice) : par petites touches, l’essentiel seulement est dit pour dessiner en creux le portrait d’une femme courageuse à la personalité extraordinairement forte, qui prouve qu’intelligence et dignité peuvent aussi être des formes de liberté et de résistance. Dans un pays qui s’interroge (à nouveau) sur son “identité nationale”, voici un acte de mémoire qui va bien au-delà de l’anecdote régionale ou familiale.

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