Habiter les mots, the voice thing

2008 septembre 10
by bubbly2

 

 

Un coup de génie. A priori, c’est ce que pourrait penser du travail de Paul Verhaeghen.

 

Psychologue de formation et écrivain dans ses moments perdus, Paul Verhaeghen a écrit une œuvre monumentale, Omega Minor. Le roman  reçoit  les éloges des critiques littéraires qui le comparent à Günter Grass, tant par l’ampleur de ses thèmes que par son écriture. Insatisfait de la traduction commandée par le Flemish Literature Fund, il décide de traduire lui même les 620 pages, en anglais.

 

En mai dernier, il reçoit le prix littéraire du Independent Foreign Fiction pour la traduction de son roman. C’était la première fois dans l’histoire de ce prix que le traducteur était aussi l’auteur de l’œuvre.

 

J’ai rencontré récemment Paul Verhaeghen sur le campus de Georgia Tech, dans le département de psychologie où il conduit des recherches sur la mémoire et le vieillissement.

Paul Verhaeghen est sympathique et décontracté. Il parle l’anglais avec un léger accent, qui rappelle sa Belgique natale. L’anglais, il ne l’a étudié que deux ans au collège et n’a commencé à lire des livres en langue anglaise que vers 18 ans. « The first book in English I read was The World According to Garp. » Le reste, il l’a pris sur le tas, ou plutôt dans la rue. « I picked it all up on the street. Heaven forbid I’d ever translate somebody else’s work. I wouldn’t dare ; it’s that voice thing. » 

 

Pas étonnant alors qu’il ait choisit pour traducteur français Christophe Claro, connu pour ses traductions de Salman Rushdie et Thomas Pychon, entre autres. Dans une interview récente pour le magazine littéraire The Quarterly Conversion cet été, Claro déclarait n’avoir lui aussi aucune formation en anglais ou même de traducteur.

 

«I learned English a bit at school, a lot by myself. I was just fascinated by reading in another language. It’s a riveting experience. It has nothing to do with bilingualism. As I already said, all the great books are written in a foreign language.”

 

J’imagine que c’est “that voice thing”, again.  Déconcertant.


Aucun commentaire pour le moment

Laisser un commentaire

Note: You can use basic XHTML in your comments. Your email address will never be published.

Souscrivez aux commentaires par l'intermédiaire du flux de RSS