mars 31, 2008...3:36

Beautiful dogwood

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Dans le jargon journalistique, on parle d’un « marronnier » pour décrire un article qui revient tous les ans : exemple, tiré de ma vie professionnelle de jeune stagiaire dans un grand quotidien parisien : les vacances des hommes politiques. Pas vraiment passionnant mais néanmoins de tradition.

Si je devais écrire un article tous les ans dans le journal local, l’Atlanta Journal-Constitution, je le ferais sur la floraison des dogwood, et notamment les cornus florida, les flowering dogwood, ces arbres à feuilles caduques d’une rare élégance, rendue en partie grâce à leurs fleurs posées en équilibre sur l’extrémité des branches. Les dogwood fleurissent à la fin mars, début april, et la ville d’Atlanta leur rend hommage à  travers un festival très populaire, le Dogwood Festival.   

Il y a quelque chose de japonais dans ces arbres – non pas qu’ils ressemblent aux cerisiers de là-bas. Il y a une finesse et une délicatesse rendue par la finesse du tronc et l’architecture naturelle des branches, qui sont comme suspendues. La fleur, blanche la plupart du temps mais parfois teintée de rose, a la particularité d’avoir l’extrémité de ses quatre pétales racornie, comme si elle avait été passée au feu, et marquée d’une pointe de rouge.

Une fable chrétienne prétend que le dogwood aurait été utilisé pour fabriquer la croix du Christ, à cause de la souplesse et de la robustesse de son bois. Les quatre pétales, eux-mêmes en forme de croix, porteraient en leur extrémité les marques de crucifixion portées par les clous, d’où l’indentation et la marque rouge.

L’origine séculaire du nom semble, elle, venir de l’usage du bois fin et résistant des dogwood pour la fabrication de poignards (« dagger », la dague).

Malgré ces connotations sanguinaires, le dogwood, lorsqu’il fleurit, reste pour moi une source inépuisable d’enchantement et d’un je-ne-sais-quoi euphorique devant tant de beauté. 

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