février 20, 2008...4:16
La guerre de l’eau
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L’eau, comme toute forme de ressources naturelles, n’est dûment appréciée que quand elle manque. Aux Etats-Unis, comme dans toutes sociétés riches, les gens n’ont qu’à ouvrir le robinet pour qu’elle coule. Mais quand elle cesse de couler, …c’est la guerre. J’exagère, mais à peine.
Pour preuve la réaction d’un homme publique et avocat de Nashville à l’annonce de la tentative de l’état de Géorgie de modifier sa frontière avec le Tennessee et de s’approprier une partie des ressources en eau.
« Us good Tennesseeans will take our long rifles up to Lookout Mountain [la montagne à la frontière de la Géorgie et du Tennessee] and fire when ready. » On se croirait revenu aux temps des cowboys et des Indiens, mais non, cela se passe en l’année 2008 à la frontière de deux états américains.
Tous les Tennesseeans n’ont pas réagi avec autant de virulence. Certains ont répondu que si les Georgiens voulaient leur eau, ils n’avaient qu’à l’avoir…mais qu’il faudrait la payer.
Au commencement donc était l’eau, ou plutôt l’absence d’eau. Depuis plusieurs mois, la Géorgie a la gorge sèche. Le réservoir d’eau potable de l’état, le Lac Lanier, est au plus bas, à la suite d’un automne et d’un hiver très sec. Le gouvernement de Sonny Perdue a engagé des mesures draconiennes de restriction, interdisant aux habitants d’arroser leurs jardins ou d’aller laver leurs voitures. Après avoir tout essayé (de l’aveu de Perdue), le gouverneur a imploré la clémence divine (voir En attendant la pluie) mais rien n’y fit. Les eaux du lac ne montèrent pas. Il est même allé voir Bush à Washington pour plaider sa cause et tenter de limiter la quantité d’eau que s’approprient ses états voisins au sud, la Floride et l’Alabama. Sans résultat.
Aussi les législateurs géorgiens ont eu une idée géniale : remettre sur le tapis une vieille querelle topographique selon laquelle le relèvement du terrain effectué en 1818 serait erroné. D’après ces hommes de lois, l’état de Géorgie n’aurait jamais accepté la délimitation et a toujours plaidé pour que sa frontière avec le Tennessee soit déplacée de 1.1 miles au sud de ce qui a été décidé par le Congrès.
L’enjeu bien évidemment est la rivière Tennessee, qui coule à la frontière de deux états. Si la Géorgie arrive à déplacer la frontière, elle accède du même coup à l’ «or bleu ».
Comme il est de coutume dans ce pays, l’affaire risque de se retrouver débattue devant les tribunaux.
A suivre, donc.
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