novembre 27, 2007...5:13
Question de bonnes manières
A classer sous la catégorie: inopportun (unconvenient). George Bush recevant Al Gore – et les autres lauréats du prix Nobel – à la Maison Blanche. La photo pourrait avoir pour titre «chercher l’erreur» tant la juxtaposition de ces deux hommes dans ce lieu est inattendue.
Comme le souligne le New York Times, Bush et Gore ne se sont rencontrés publiquement que très rarement depuis décembre 2000. Cette rencontre-ci est en quelque sorte forcée par le destin. Qui aurait pu imaginer qu’Al Gore, le candidat présidentiel malheureux, puisse revenir à la Maison Blanche, le temps d’une cérémonie, avec le titre prestigieux du prix Nobel. Certainement pas Bush, qui a accueilli la nouvelle à l’époque avec peu d’éloge à l’égard de son ancien rival.
Les deux hommes ont donc eu un entretien en tête à tête pendant 30 minutes et ont parlé de l’environnement et du global warming. Personne ne saura rien des détails: « It was a private meeting and I am not going to say anything about it other than that it was very nice, very cordial, » a déclaré Gore aux journalistes en sortant. Comme le faisait remarquer la journaliste Katie Couric le matin même sur NPR, venant tous les deux d’une bonne famille, ils ont du faire preuve de bonnes manières… Il n’empêche qu’Al Gore n’a jamais caché son profond « désaccord » avec le président.
The Assault on Reason, son dernier livre, est à ce titre un brillant exercice d’analyse politique sur l’environnement intellectuel qui règne actuellement aux Etats-Unis, où la raison est mis à mal au profit du secret, de l’obscurantisme et de l’engouement religieux que fait régner l’administration Bush. En voici un extrait, page 71. « It is truly power that is key to understanding the cynical manipulation of faith and the assault on reason. Over time, the administration has focused more and more of its attention on the operations of this vicious cycle, and slowly but surely, its need for more and more power has become an all-consuming goal. It is love of power for its own sake that is the original sin of this presidency. ”
Peut-être est-il plus facile d’écrire ces choses-là que de les dire à haute voix.
photo courtesy: Doug Mills, The New York Times 2007
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