novembre 12, 2007...5:18

Le Monde selon Mort

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cigarmortweb.gifSi vous vous promenez sur les quais de Paris, peut-être aurez vous la chance de rencontrer Mort Rosenblum.  Il habite une partie de son temps sur un bateau-péniche, amarré pas loin de l’Assemblée Nationale. Et si vous faites partie de ces gens qui pensent qu’ils peuvent –encore – sauver le monde, remettre la démocratie sur le droit chemin et ”les médias” à leur juste et noble place, alors je vous encourage à le contacter (www.mortrosenblum.net).

Mort est un journaliste qui a couvert toutes les guerres imaginables pour l’agence américaine Associated Press (AP.) Il  a écrit une demi-douzaine de livres. Les premiers parlent de son expérience de grand reporter, de sa vie nomade aux quatre coins du monde dévoué à la cause du journalisme. Les plus récents évoquent ses passions, entre autres les olives et le chocolat.

La première (et dernière fois) que j’ai rencontré Mort, c’était il y a environ dix ans, dans son bureau de l’Associated Press à Paris. Il avait la dégaine de barroudeur que vous pouvez attendre de quelqu’un qui a passé une bonne partie de sa vie sur les routes, et aussi une grosse bague en turquoise au doigt – réminiscence de ses origines, Tucson et l’Arizona – une tignasse incroyable et toujours ce regard malicieux sous ses grosses lunettes. J’étais curieuse de savoir ce qui lui plaisait ici, à cet Américain à Paris. Il m’a répondu la liberté d’aller acheter des cigares et de fumer tranquillement sans être soumis à la morale publique (j’imagine, Mort, que ça a dû changer un peu avec les lois sur le tabagisme en France.)  Des choses toutes simples, finalement, comme la possibilité d’aller acheter sa baguette au coin de la rue.  

Au fond, Mort est un esthète …et un gourmet.

En 1986, il a acheté une propriété dans le sud de la France couverte de quelques 150 oliviers – pour la plupart negligés par les anciens propriétaires. L’idée était de pouvoir goûter au plaisir de sa propre récolte d’huile d’olive. De cette passion est né un livre, Olive, the Life and Lore of a Noble Fruit. Imaginez un travail de grand reporter sur le commerce et la culture de l’olive, pimenté de récits et de rencontres savoureuses, et vous avez Olive.   

Plus récemment, il s’est penché sur les fèves de cacao et a passé quelques années de sa vie à couvrir le sentier du chocolat, en passant par le Mexique et Oaxaca pour déguster un mole poblano, les plantations d’Afrique, les usines d’Hersheys et les cuisines de quelques maîtres chocolatiers parisiens et suisses à la recherche de perfection.     

J’ai toujours suivi Mort de loin, toujours admirative de son travail de journaliste et de son idéalisme pour la cause journalistique. Dernièrement, j’ai découvert une video de lui, sur YouTube. Il était sur son bateau-péniche, toujours amarré sur les quais de la Seine, toujours avec son cigare et son jean délavé. Il présentait son dernier livre, “Plato’s Cave: How America Blindness to the Rest of the World Threatens our Survival.”  La cause n’est plus culinaire cette fois-ci. Mort pense qu’il est temps de “sauver le monde” du myopisme environnant et de l’obstination américaine à ne pas voir la réalité (mais ses ombres, d’où la référence à Platon.) Il plaide la cause des journalistes et des organisations de presse qui sont, dit il, “plus vitales pour notre sécurité que les forces armées et plus cruciales pour notre démocratie que des élections menées avec impartialité.” Son crie de coeur: “What we do not know is lethal.” Nous mourrons de ce que nous ne connaissons pas.  

A suivre. Si cela vous intéresse, Mort a créé un site pour les “amateur word-savers”. Vous pouvez le contacter à mort@mortrosenblum.net. Je vous invite aussi à consulter son site, http://www.mortrosenblum.net pour lire des extraits de son nouveau livre, paru en octobre dernier.  

Un commentaire

  • [...] Il m’a rappelé d’une certaine manière le cri de cœur du journaliste Mort Rosenblum, dans son dernier livre “Plato’s Cave: How America Blindness to the Rest of the World Threatens our Survival,” qui lui aussi pensait la même chose, mais en des termes peut-être un peu plus dramatiques : « What we don’t know is lethal». Nous mourrons de ce que nous ne connaissons pas (voir Le Monde selon Mort.)    [...]

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